







credits : chloé saffores
2023 – 2027 It takes a village ! / What if ? two trilogies of one week science-fiction laboratories in improvisation and performance studies
Co-curation, facilitation, co-direction : Anne Mutuel, Chloé Saffores
Participants, players, researchers (It takes a village) : Sarah Drapeau, Emmanuelle Latour, Marion Arnaboldi, Rafael Arribas, Antoine Bouvier, Adrien Nuguet, Amrit Douque, Camille Bokhobza, Ben Julian, Lily Pasquali, Kezia Giry, Hugo Giordano, Aurore Jade Flor, Pablo Noca, Anne Mutuel, Nirvan Navrin, Chloé Saffores
Participants, players, researchers (Et si ? / What if ?) : Emmanuelle Latour, Marion Arnaboldi, Adrien Nuguet, Hugo Giordano, Sarah Drapeau, Amrit Douque, Kezia Giry, Perline Aglaghanian, Raphaël Beau, Bojina Payanotova, Camille Bokhobza, Anne Mutuel, Chloé Saffores
Residencies : La Chaleurumaine, Cornus
Working the role as «a stabilisation, densification, punctual thickening of certain relationships» (Léa Rivière). Being in a village is a way of getting to grips with the politics of the places we live in together, of observing how we replace individual, identities with relationships and communities. Having the opportunity to put on several costumes, to wear several hats, to wear names and pronouns, to wear make-up to hide and reveal other parts of what moves us. Borrowing dances and faces. Putting ourselves collectively at the service of transitions, transformations, displacements and moves. Finding out where we are hungry. Allowing ourselves very long periods of encounter, going with the river, the cats, the birds, the ants, the blades of grass, the floorboards, composting, peeling vegetables slowly, crying all over our onions, dancing the night away, watching over it, building a fire, falling into holes and cracks, licking the geology, giving ourselves seasonal prunings, sedimenting, negotiating life and death, their forms, feeling-with, conspiring, tuning, trembling, wavering, shaking, diverging in relation, being different with, practising solitude collectively, envisaging, mourning and assisting births. And meeting together, regularly, in a place, Church or Town Hall, solemnly, rigorously, unfolding our stories and points of view, bearing witness, sharing our perspectives, giving each other feedback, explaining our experiences, theorising about them, poeticising them, opening our toolbox to the eyes of others, dipping into it and using words, writing, leaving traces. Finding out what we know. And also making decisions, becoming a family with consensus and dissensus, practicing trust and building it.
We offer our fellow colleagues and students frameworks for study in the form of performative research laboratories. We fall into a state of not-knowing together for successive days and nights, with precise and rigorous tasks, scores and problems.
We train our attention and with it the possibilities. We shift the lines between what is known, what is understood, what is believed and what is learned. Along this path, the practice and application of Real Time Composition allows us to experiment with empowering work directions, to work on issues related to speech, silence, authority, power, pain and pleasure, fear, integration and rest.
We are committed to creating ‘spaces of courage’ where trust, risk, repetition, duration, consistency and obstinacy are the materials, keys, tools and gifts of our practices.
Our next laboratory is planned in la Chaleurumaine for april 2026, contact us for more information.
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Comme le propose Léa Rivière dans l’odeur des pierres mouillées, travailler le rôle comme «une stabilisation, densification, épaississement ponctuel de certaines relations». Être dans un village pour faire de la politique des endroits que l’on habite ensemble, pour observer se «remplacer individuel, identitaire, par relationnel, communautaire». Avoir la possibilité d’enfiler plusieurs costumes, de mettre plusieurs casquettes et changer de chemise, de porter des habits, porter des ami.e.s, porter des noms et des pronoms, de porter du make-up pour cacher et révéler d’autres parts de ce qui nous meut. Emprunter des danses et des visages. Se permettre de rencontrer, d’aller avec la rivière, les chats, les oiseaux, les fourmis, les brins d’herbe, les lattes du plancher, composter, peler des légumes lentement, pleurer touts ses oignons, danser la nuits, la veiller, construire un feu, tomber dans des trous, des failles, lécher la géologie, s’offrir des tailles de saison, sédimenter, négocier la vie et la mort, leurs formes, sentir-avec, conspirer, s’accorder, trembler, vaciller, secouer, diverger en relation, être différent.e avec, pratiquer la solitude collectivement, envisager, et encore deuiller et assister les naissances.
Et se réunir, régulièrement, à un endroit, église ou mairie, solennellement, rigoureusement. Ici veiller au confort et à la sécurité de l’individu et du groupe, de travailler sur les enchevêtrement et les différents niveaux qui s’activent : émotions, corps physique, imaginaire, cultures et représentations, relations… de s’ouvrir à l’altérité, de déplier des histoires et des points de vue, témoigner, partager nos perspectives, se donner des feed-back, des retours, expliciter nos expériences, les théoriser, les poétiser, ouvrir sa boîte à outils aux yeux des autres, y plonger et utiliser des mots, écrire, laisser des traces. En ce qu’on a donc appelé forum, permettre l’intégration, l’apprentissage, retracer la mémoire de l’expérience. Nous avons à dispositions une boîte à outils des pratiques de facilitation de l’écoute et de la parole, retours langagiers, enregistrements, dessins, cartes, récits, modalités différentes ; outils qui permettent de remettre les choses en jeu à plat, de partager ce qui est en train de se passer, de renverser les situations, d’y revenir, de prendre des décisions, de devenir famille avec consensus et dissensus, de pratiquer la confiance, la faire. Trouver nos savoirs, recomposer les règles et remettre les cartes en jeux.
Nous nous entraînons dans des sciences fictions, nous tombons dans le non-savoir ensemble dans des durées parfois exigeantes, avec des tâches, des scores et des problématiques précises et rigoureuses à explorer. Nous alternons dans ces rencontres entre temps de jeu et temps d’analyse de pratique, nous débordons des espaces du studio pour continuer l’étude. Nous prenons le temps de déplier les événements. Nous nous servons des savoirs issus de nos expérimentations et de nos plongées pour questionner le rapport entre quotidien et création artistique, entre responsabilité collective et individuelle, entre autorité et autorisation, pratique et poétique, saveur et savoir.
Ce que nous voulons dire par s’entraîner : accueillir l’expérimentation, l’échec, la tentative, le pas lisse, la maladresse, trouver des ressources pour agir dans le monde en essayant ici, en se mettant au travail, à l’étude, en s’entraînant donc. Par les pratiques que nous nous proposons, nous créons des conditions de jeux et d’analyse, la possibilité d’expériences réelles et fictionnelles en même temps, au sens d’utopie. Nous créons un monde qui n’est pas le vrai monde, un laboratoire oui, un monde où nous pouvons gagner ou perdre des aptitudes, des savoirs, des incertitudes, des questions, de la robustesse, de la maladresse, du trouble, où l’on prend des risques sans se mettre réellement en danger. Nos laboratoires sont des espaces d’entraînement à gagner de la liberté, de la permission, de la prise de risque, de l’action, de l’attention élargie, de l’amour, de la tendresse, l’opportunité cadrée et contenante de dépasser les limites instaurées qui ont cours dans l’espace social. Nous ne visons pas à (nous) protéger, mais à nous mettre encore plus en jeu, laisser de côté ce dont on a pas forcément besoin, réactualiser par le jeu. Nous pensons que cela nous sert.
Terrain de recherche, terrain de jeu : La Chaleurumaine, située sur le plateau de Larzac, est un espace d’accueil autour des pratiques artistiques et des pratiques improvisées, pour prendre le temps, pour réfléchir et être ensemble, en résonance avec un environnement, pour questionner et vivre le collectif. C’est un lieu de soutien à la recherche création, à la transmission et à la création artistique : résidences, stages, ateliers et petits séjours artistiques pour les familles et les enfants, laboratoires autour des pratiques d’improvisation. Le lieu lui-même est un outil qui favorise des conditions pour jouer, organisme vivant qui lui-même se compose en temps réel selon ses besoins et les besoins des personnes qui l’habitent, le font vivre, de ses entours et du monde dans lequel il s’inscrit. La pédagogie, la communication, les formes d’accueil qui s’y proposent sont en accord avec les principes de l’improvisation.
Notre prochain laboratoire aura lien en avril 2026, contactez nous pour plus d’informations.




















credits : Adrien Nuguet