moving things

credits : Rachael Woodson, Cécile Friedmann

2020 moving things w/Violaine Lochu, João Fiadeiro

Conception, co-direction : Violaine Lochu, João Fiadeiro
Performers, mediators : Camille Breteau, Bianca Dacosta, Jade Jouvin, Etienne Rabaud, Marion Arnaboldi, Gaspard Charon, Katarina Lanier, Laurence Maillot, Anaëlle
Niger, Daniela Tenham, Chloé Saffores
Curation : Jérôme Mauche (coordinator), Joan Ayrton, Ondine Bréaud-Holland, Alice Godfroy, Eric Mangion, Mathilde Roman

Images : Cécile Friedmann
Residency, performance, exhibition : Villa Arson, Nice : 17.10.20 – 31.01.21
Support : Fondation Calouste Gulbenkian – Délégation en France

My first performance-led dive into Real Time Composition as the supporting work ethic driving the project. It was an intense experience despite being cut short due to government restrictions ; the grounds for my master thesis on the questions of authorship in the work of João Fiadeiro.

“When João Fiadeiro and Violaine Lochu were invited in 2019 to produce an exhibition together to open in July 2020, they did not know each other. The “map road” that would guide them in the making of the exhibition was set from the beginning: indeterminacy and improvisation. Not because our hosts had some premeditatory vision in relation to what was to come (coronavirus hit us in March), but because there was a genuine desire to test the limits and habits associated with the production and the experience of an exhibition. Little did we know that we were all called to test our adaptability skills, a few months later, to a world that turned inside out from one day to the other. Moving Things opening was postponed due to the sanitary restrictions and the new date was established during the period of “truce” that the pandemic gave us all in late summer early autumn of 2020. A window of opportunity where it was possible, for brief moments, to imagine the impossible. And that’s what they did: the first version of the exhibition opened on the weekend, the 17th/18th of October. João and Violaine proposed an exhibition that offered itself as an endless state of “happening”, with performers continuously present throughout the entire length of the event. As if they wanted every day to be a “vernissage day”.

On the tenth day, the exhibition was abruptly interrupted by the second wave of the pandemic. The doors of the Galerie Carrée closed and for days no one entered the room, leaving the “remains” of the last day of the exhibition / presentation closed inside. Not because they couldn’t get in but because they didn’t know what to do. Like everybody else, they were stunned and immobilized. Three weeks after the exhibition was canceled, João Fiadeiro and Violaine Lochu decided to “mourn” the first version, and put together a second version. They cleaned the room and rearranged the dispositive in a more intimate and “acoustic” scale. From that new environment they improvised a series of short performances (without public) where the only restriction was to start from the same point of departure: face to face. They did almost 40 performances that took the whole day, on November 16. In the end, the whole space of the Galerie Carrée was full of traces of the experience, replicating the “last scene” of the first version. With an important difference: each performance was individually filmed by the videographer Cécile Friedmann, allowing the visitor to track the performances through a QR code placed near each “remain”. This creates both a phantasmagoric experience that respects the general feeling we all had during the pandemic days (whenever we crossed the streets or visited spaces), and a sense of “presence” through the virtual access of the improvisations that gave rise to the traces.”

João Fiadeiro, December 2020


Version 1 : L’exposition Moving Things réunit Violaine Lochu, performeuse, artiste visuelle et sonore française, et João Fiadeiro, danseur, chorégraphe et théoricien portugais. Le groupe de travail à l’origine du projet propose une rencontre inédite entre les deux artistes afin de mettre à l’épreuve leurs notions respectives et croisées de l’improvisation et de l’indétermination. Les deux artistes proposent en réponse un objet progressivement indexé sur des rencontres, incluant l’environnement physique, le temps et la durée de l’exposition, les performers-médiateur·ices et les différents publics.

Violaine Lochu conçoit une installation performée en métamorphose permanente. Les différentes choses la constituant, choisies pour leurs possibilités de transformation – sucre, gélatine, œufs, tissu, fil élastique, aluminium, pâte à modeler, mousse expansive, colle liquide, encres colorées, objets trouvés à la Villa Arson… – sont activées selon des protocoles analysant leurs propriétés (poids, taille, matière, couleur…) et leurs potentialités performatives (sonore, chorégraphique, théâtrale…). Non assignées à un usage fixe et unique, elles deviendront tour à tour décor, sculptures, accessoires, costumes. Ces éléments, pliés, rangés dans une esthétique minimale au sein de la Galerie Carrée à l’ouverture de l’exposition, seront peu à peu déployés sur tout l’espace ; installés comme objets sculpturaux, activés par leur propre inertie (phénomène d’effondrement par exemple), ou par les performeurs qui les déplaceront, les porteront sur eux ou (se) les offriront. Par l’interaction avec les performers qui l’accueillent, le public pourra participer à MovingThings ; la mouvance des choses sera ainsi indéterminée, improvisée et aléatoire. Les médiateur.trice.s transformé.e.s ici en performeur.euse.s activeront quotidiennement ce dispositif absurde oscillant entre tablier de jeu de société ou cérémonie du thé au Japon.

Pour João Fiadeiro, l’improvisation oblige à un changement de paradigme. Au lieu d’utiliser les expériences passées et les attentes futures comme paramètres, il s’agit pour lui d’opter pour une sensibilité radicale envers le moment présent. Le temps cesse d’être perçu de façon linéaire, il est vécu comme une bande de Möbius – sans intérieur ni extérieur, sans avant ni après – créant les conditions pour «voir à nouveau», comme pour la première fois. Le chorégraphe intervient dans l’exposition à trois reprises avec des étudiant.e.s de différentes écoles universitaires. Avec pour point de départ le coefficient d’invisibilité des corps en situation de s’adapter à toute convention (comme celle de visiter une exposition par exemple), les performeur.euse.s joueront des frontières entre le réel et le virtuel, le vrai et le faux, l’absence et la présence. Ces oscillations contraires laisseront des traces qui participeront ainsi à la construction paysage de l’exposition. Pour l’activation les performers sont préparé·es à interagir, à s’adapter à leur environnement, ainsi qu’à répondre à tout processus d’improvisation : « être à la hauteur de ce qui nous arrive ».

moving things peut ainsi se traduire par la collaboration et l‘hybridation mouvantes entre les pratiques des deux artistes, par les choses qui bougent mais aussi par les choses qui remuent émotionnellement. Ce triple sens fait écho au processus de création des performances à l’œuvre dans l’exposition.

moving things est aussi un projet de réflexion et de recherche sur l’archive de la performance : que reste t-il d’une performance une fois celle ci achevée ? Comment la documenter, s’en souvenir ? Quel statut donner aux formes non performatives qui en dépendent ?

Version 2 : Le projet moving things a d’abord été pensé comme un display activé quotidiennement par quatre à huit performeurs, en interaction avec les visiteurs. Les mesures liées à la situation sanitaire une dizaine de jours après le vernissage ont conduit les artistes à lui donner une nouvelle forme. Une performance en duo, réalisée à huis clos sur une journée, sous forme de vignettes filmées par la vidéaste Cécile Friedmann, est à la fois l’épilogue du premier temps de l’exposition, et le point de départ du second. Dans cette configuration, ce n’est plus la relation avec le public qui induit l’action, mais celle des deux performeurs entre eux et avec les éléments du display. Totalement improvisés, ces haïkus performés interrogent non seulement les corps, les voix, l’usage des artefacts, mais aussi les notions de couple, de double, de symétrie et d’asymétrie… Ces vignettes sont documentées sur le site movingthings.org Dans sa nouvelle forme, l’exposition donne à voir les traces de cette performance, comme une sorte d’arrêt sur image. En l’absence des corps des performeurs, l’espace peut aussi être appréhendé comme une installation dotée de sa propre qualité d’existence.

João Fiadeiro’s website

Violaine Lochu’s website

→ Teaser 1st version :

→ Teaser 2nd version :